Entourage

Les troubles de l’humeur (dépression, bipolarité, cyclothymie, …), et certains troubles co-occurents (pouvant se déclencher en parallèle) comme les troubles anxieux (phobies, peurs, paniques,…), les troubles obsessionnels et/ou compulsifs, sont aussi très difficiles pour la famille et les proches du malade.

Quand le diagnostic est posé, certaines étapes sont nécessaires pour accepter la maladie et les soins :

la négation >  le désespoir > la colère > la négociation > l’acceptation

Une fois acceptée, la maladie ne doit pas rester ignorée : bien s’informer et oser parler sont deux clés pour rompre l’isolement et mieux accompagner le malade.

Vous pouvez choisir d’en parler à des proches, mais l’entourage n’est pas toujours préparé ou apte à vous aider, en tout cas pas sans s’être lui aussi informé.

Si vous avez des doutes sur la capacité de vos proches à comprendre ou accepter votre maladie ou vos troubles, commencez par en parler à votre médecin, à un psychologue, à des associations de patients, qui sauront vous écouter et comprendre tout ce que les troubles impliquent comme bouleversements dans votre vie et celle de votre entourage.

 

Dans la situation inverse, si quelqu’un de votre entourage souffre de troubles de l’humeur,

Voici quelques recommandations recueillies auprès de spécialistes :

12 points clés pour un meilleur accompagnement d’un proche

  1. Considérer les troubles de l’humeur, non pas comme un motif de honte mais comme une maladie qui se soigne
  2. Ne pas sermonner car cela ne conduit qu’à l’isolement et au repli à force de promesses impossibles à tenir
  3. Faire attention à ne pas se positionner en martyre ou en celui qui est le plus « sain ». L’hypersensibilité émotionnelle du bipolaire est par exemple une antenne très fiable, même pour les non-dits
  4. Ne pas vous servir du chantage affectif qui ne sert qu’à renforcer la culpabilité
  5. Eviter toute menace sauf en cas d'urgence
  6. Ne pas supprimer les substances toxiques contre la volonté de la personne. L’effet obtenu sera de l’ordre du désespoir ou de la dépression. Amener la à consulter
  7. Ne vous laisser pas persuader de partager ses substances (drogue ou alcool). De même, pardonner l’usage de substances toxiques revient à retarder la recherche de solutions
  8. Respecter la méthode choisie par la personne concernée pour se soigner sans en être « jaloux ». Tout l’amour de l’entourage ne suffit pas pour guérir
  9. Etre très patient : le rétablissement n’est ni immédiat ni entier. Il peut y avoir des périodes difficiles à passer, des tensions ou des rechutes. La convalescence demande du temps
  10. Essayer de ne pas protéger l’autre de situations (notamment sociales) dans lesquelles il pourrait au contraire s’affirmer et choisir lui-même de s’exprimer
  11. Laisser l’autre faire ce qu’il peut faire seul. Vous ne pouvez pas ressentir ce qu’il ressent, ni prendre ses médicaments à sa place
  12. Offrir tout le soutien que l'on peut et ce peu importe la méthode choisie, mais sans mettre en danger sa propre santé. Dans certains cas, le malade peut décider de vivre avec ou sans médicaments

 


Information du lecteur : Cette rubrique a été rédigée par l'équipe de rédaction du Mood, composée exclusivement de patients - Les membres du Comité Médical et Scientifique sont régulièrement sollicités afin de donner leur avis à titre consultatif - Dernière mise à jour le : 25/03/2012

Vos commentaires

18/04/2012 - 12:32 J'ai été mariée pendant quinze ans. Mon compagnon était amoureux fou au point que lorsque j'ai été hospitalisée en HP une semaine après notre rencontre il est venu me voir tous les jours pendant les trois mois de mon hospitalisation. Les médecins étaient bluffés de notre histoire, mais si mon compagnon adorait mes phases up il me détestait en down. Il y a eu l'usure normale des unions d'aujourd'hui mais surtout un triste divorce. C'est le passé maintenant mais ce que j'ai appris de cela c'est qu'il faut faire très attention car pour nous bipolaire lorsque l'on est amoureux c'est très très fort et lorsque l'on est en up en tout cas moi j'ai une force, un succès, que je n'arrive pas à gérer, je suis pétillante, marrante, lumineuse mais ce n'est pas vraiment moi car en état normal je suis très pudique.
J'ai compris aujourd'hui qu'il faut beaucoup dialoguer, beaucoup expliquer à son entourage, et bien sûr se faire confiance, et s'aimer malgré tout.
Après bien des errances dues à mon célibat retrouvé je veux croire que je peux trouver quelqu'un de bien et être quelqu'un de bien pour cette personne.
Nadège
31/03/2012 - 01:09 J'ai vécu avec un père bipolaire. Nous ne savions pas qu'il l'était. Cela n'est pas facile pour les enfants. On ne comprend pas. On se culpabilise. Un site comme le Mood Institute est très utile. On se rend compte qu'on n'est pas tout seul. On voit vers qui se tourner. Les 12 points cités sont tellement essentiels pour une meilleure compréhension. Merci pour ce site très clair qui explique très bien les choses. Robert.
07/11/2011 - 18:44 Mère d'une fille bipolaire, j'ai découvert ce site en faisant des recherches sur google et j'ai proposé à ma fille de s'inscrire parce que je me sentais un peu perdue et parce que j'avais l'impression que c'était un site bien fait pour ce genre de patients. Ma fille a accepté, et un soir on a appelé en allant sur la partie Contact du site : une personne a échangé longuement avec ma fille en étant à son écoute et en la comprenant. Moi ça m'a permis de ne plus me sentir seule face à ce handicap, et d'avoir une aide différente de celle des psychiatres. Un très bon complément. Cela m'a permis d'entrevoir des solutions et de voir que l'on peut avancer dans la vie malgré ce handicap. merci pour votre aide.
Martine
25/06/2010 - 15:36 J'ai vécu 10 ans avec un bipolaire...

Aujourd'hui, nous sommes séparés parce qu'en grande partie je n'ai pas su comprendre. Je n'ai pas su décrypter ce mode fonctionnement et cette personnalité au combien troublante.
J'en souffre encore car c'est une personne pleine de sensibilité, de douceur, de génie...
Les 12 points cités pour accompagner un proche atteint de troubles bipolaires, sont très justes, et si ils ne sont pas appliqués au quotidien, comme ce site le suggère, la relation amoureuse finira un jour par s'éteindre car la souffrance du bipolaire sera trop forte et les clashs à répétition amèneront à la rupture.

Je regrette de n'avoir pas su y faire !! Avec du recul, cette relation était bien sûr difficile mais pourtant si enrichissante…

Alors, si il est encore tant pour vous, essayez d'intégrez ces règles essentielles et apprenez à apaiser plutôt que d'aggraver.

Fr.

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