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Troubles Unipolaires : la Dépression

Qu'est-ce que la Dépression ?

La dépression est d’abord une grande souffrance et une source de nombreuses conséquences douloureuses. C’est une maladie réversible et curable, mais c’est aussi une maladie récidivante pour un grand pourcentage de cas.

Le traitement d’un tel état est à la fois médicamenteux et psychologique.

L’épisode dépressif se définit en regroupant plusieurs types de symptômes :

  • Humeur triste ou tonalité triste des affects
  • Perte d’intérêt ou de plaisir pour toutes les activités
  • Idées ou tentatives de suicide
  • Ralentissement idéique, ralentissement de la pensée
  • Ralentissement moteur, baisse des activités physiques
  • auxquels peuvent se rajouter des manifestations physiques dont les modifications des conduites alimentaires, les perturbations du sommeil.

L’intérêt porté aux épisodes dépressifs qui surviennent dans le cadre de l’évolution d’un trouble bipolaire est relativement récent.

La fréquence des épisodes dépressifs, leur durée, la persistance d’états séquellaires ont des conséquences majeures et désastreuses sur le niveau de fonctionnement global, la qualité de vie, l’intégration socio-professionnelle et l’équilibre familial. Il existe une corrélation positive entre le risque suicidaire et la fréquence et la durée des épisodes dépressifs et des états mixtes.

 

Comment savoir  si un état dépressif est révélateur de l'entrée dans un trouble bipolaire ?

Le diagnostic de dépression bipolaire est sous-diagnostiqué lors d’un épisode dépressif et 1/3 des diagnostics de dépressions unipolaires sont erronés et correspondent à celui de dépression bipolaire.

La prescription incontrôlée d’antidépresseurs peut provoquer une instabilité thymique (c'est dire de l'humeur), induire des épisodes maniaques et hypomaniaques ("virages maniaques") ou être à l’origine d’une accélération des cycles. Plus la prise en charge spécifique de ce trouble est tardive, plus il y a de risque de résistance thérapeutique, de répercussions socioprofessionnelle et familiale et de risque suicidaire.

Devant la fréquence des troubles bipolaires et l’importance de l’enjeu pronostique, la recherche de signes de bipolarité devrait être systématique devant tout épisode dépressif.

Afin de faciliter la démarche diagnostique, il faut élargir le champs d'investigation :

  • Prise en compte des antécédents familiaux qui ne se limitent pas simplement à  rechercher des troubles de l’humeur chez les ascendants et collatéraux. L’existence ou non d’un alcoolisme, de troubles du comportement, d’une originalité, de suicides  ou de tentatives de suicides, de troubles anxieux, de troubles des conduites alimentaires, de troubles obsessionnels doivent être recherchés.
  • Parmi les antécédents personnels, les manifestations pouvant témoigner d’un trouble de l’humeur pourront orienter le diagnostic vers un trouble bipolaire : période d’euphorie et d’excitation, de dépenses excessives, comportements originaux, problèmes avec la justice, alcoolisme, conduite à risque ou excessive, crises de violence ou d’agressivité, la notion d’une cassure par rapport à l’état antérieur, d’un changement , d’une modification du caractère, la notion d’un virage de l’humeur lors d’une prescription préalable d’antidépresseurs...
  • Chez la femme, des troubles de l’humeur survenant dans les suites de l’accouchement et avant le retour de couches seront très en faveur d’une bipolarité.
  • Un âge de début précoce au moment de l’adolescence ou au début de l’âge adulte est un indice à prendre en compte, le trouble unipolaire ayant un début plus tardif.
  • Un tempérament de base de type hyperthymique (humeur toujours en haut) caractérisé par une hyperactivité, une hypersyntonie, des projets multiples, une sociabilité excessive peuvent orienter le diagnostic. D’autres traits de personnalité sont fréquemment retrouvés chez les patients bipolaires : hypersensibilité, dépendance affective, recherche de sensations fortes...
  • La symptomatologie dépressive évoquant une bipolarité peut présenter une ou plusieurs particularités : symptômes psychotiques, altération du rythme circadien avec inhibition psychomotrice majeure le matin et atténuation en fin de journée, symptômes de dépression atypique : hypersomnie, hyperphagie, inhibition psychomotrice pouvant aller jusqu’à un blocage de la pensée, labilité de l’humeur.

D’autres symptômes n’ont pas de spécificité propre mais sont fréquemment observés irritabilité, agressivité, réaction de colère, sensitivité excessive, émoussement affectif pouvant aller jusqu’à une incapacité à pleurer et ou à exprimer des affects négatifs.

 

Différences entre un trouble unipolaire et un trouble bipolaire

Les différences qui existent entre une dépression unipolaire et bipolaire peuvent être regroupées dans le tableau suivant.

  Trouble unipolaire Trouble bipolaire
Age de début Plus tardif Précoce
Fréquence des épisodes + +++
Début et fin de l'épisode Progressif Aigu
Sommeil Diminué Augmenté
Appétit Diminué Augmenté
Ralentissement - ++
Stabilité de l'humeur - ++
Symptômes psychotiques - ++
Emoussement affectif - ++
Caractère original - ++
Antécédents familiaux Dépressions Troubles bipolaires
Antécédents personnels Dépressions Manie, alcoolisme
Troubles personnalité - ++
Troubles du post-partum - ++
Anxiété ++ -
Plaintes somatiques ++ -
Durée de l'épisode ++ +

 

 

** Information du lecteur : Cette rubrique a été rédigée d'après les propos et textes recueillis auprès des membres du Comité Médical et Scientifique - Dernière mise à jour le 07/06/2010**


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