"Et ça a fait Tilt dans ma tête !..." par Frédéric
Dans une série télévisée, j'ai entendu quelqu'un qui se disait bipolaire lors d'une séance de thérapie de groupe. Et ça a fait " Tilt " dans ma tête !!
J'ai empoigné le dictionnaire, connecté internet, et enfin, après la visite de plusieurs sites, je suis tombé sur le site du Mood Institute. J'ai ouvert une rubrique, je crois que c'était sur la réinsertion professionnelle, j'ai lu la rubrique et les commentaires. Je me suis tellement retrouvé dans tous les symptômes que j'ai laissé un commentaire de quelques lignes (que j'ai mis plus d'une heure à rédiger...) qui finalement n'avait rien à faire dans la rubrique mais trop tard, le clic était fait... puis je me suis déconnecté.
Le soir même j'avais une réponse chaleureuse par mail du fondateur, Laurent COUSSIRAT, ce qui m'a fait le plus grand bien. Depuis, j'ai décidé de me prendre en main et de consulter un spécialiste. Je sais que c'est indispensable si je veux m'équilibrer et prendre ma place qui doit bien être quelque part. A ce jour, j'ai visité une grosse partie du site et je suis maintenant rassuré de savoir que je ne suis pas seul et que tant d'écoute, d'aide, et de soutien me sont proposés.
Je tiens encore une fois à remercier Laurent COUSSIRAT pour son humanité, son implication et son aide dans mes démarches.
"J'ai découvert votre site... et j'ai pleuré en le lisant..." par DM
J'ai découvert votre site - à la suite de jours (mois ? années ?) de recherches,... et j'ai pleuré en le lisant... J'ai pleuré, car j'y ai entrevu (enfin !) un semblant d'espoir... Déchirée par un mal qui m'empêche de trouver un ancrage sur cette terre, j'ai écumée Internet à la recherche d'une solution, d'un endroit où mes (nombreux, si j'en crois ce que l'on me dit...) talents puissent trouver une application qui me permette de subsister.
Et votre site est le premier où j'ai trouvé cet espoir tant recherché : pouvoir vivre grâce à mon travail tout en restant ce que je suis. Car c'est enfin le premier site qui traite l'individu atteint d'un "mal étrange" en tant que PERSONNE : membre à part entière de la société, porteur de richesse intérieure, acteur économique...
J'aime votre site car il annonce clairement ses objectifs : il met un programme de réadaptation professionnelle au coeur de ses objectifs et se propose d'élaborer des outils adaptés (car peut-on imaginer une stabilisation d'humeur sans stabilisation socioprofessionnelle ?).
C'est aussi un des rares sites qui reconnaît et met en exergue la valeur du talent artistique en tant que vecteur de cette réadaptation.
C'est aussi le premier site qui établit d'emblée — déjà par son nom ! — une ouverture, en se refusant de classer les personnes par diagnostic. Car le propre des "maux étranges" (ou simplement rares) c'est bien souvent justement la difficulté d'en établir un... Alors, les "indéfinissables" sont condamnés à errer non seulement en quête d'un nom à poser sur leur mal, mais aussi en quête d'une "tribu" qui serait la leur ;
Mais où est-elle donc, la tribu des "indéfinissables" ? Sans doute ici : là où on peut appeler jusqu'à 23h, l'heure où la normalité s'endort, mais où la créativité ne fait que s'évéiller... Ici, où l'on peut trouver une réelle écoute et compréhension, sans jugement ni a priori. Et le plus important (au risque de me répéter ! ) : où on peut trouver une perspective.
Alors, il faut que ce projet vive et se développe ! Et que chacun apporte sa pierre à l'édifice et soutienne cette initiative.
"Ma cyclothymie..." Christian nous raconte...
" Cela fait environ dix ans que je fais des dépressions de façon chronique ponctuées par des périodes où je me sens presque normal. Il n’y a pourtant jamais eu aucun événement majeur qui aurait pu expliquer l’intensité des états émotifs dans lesquels j’étais. Jusqu'à présent, il me semblait ne pas avoir le mode d’emploi pour gérer ma vie pour la seule raison que mes émotions prenaient toujours le dessus sur tout le reste; suivant la nature de l’émotion et son intensité s’en suivait une dépression ou un état d’euphorie.
Et durant ces moments de « bonheur » et de plaisir furtif, je retrouve de façon démultipliée toute l’énergie qui me manque lors de mes épisodes « down ». Ma vie sociale et professionnelle avaient la forme d’une ligne discontinue, ou plutôt d'une courbe oscillante; Difficile de concentrer mes efforts pour finir un projet, aller au bout d’une activité ou garder une amitié ou une relation amoureuse. J’ai déménagé trois fois en trois ans dans la même ville. Je me disais qu’en changeant mon environnement et mes fréquentations, j’irais mieux, que la cause était externe. Seulement c’était toujours ma personne que je traînais avec mes valises.
Il aura fallu que mes idées de suicide deviennent récurrentes au point où je ne pensais plus aux personnes que j’aime, pour que je comprenne que mes séances de psychothérapie classique ne m'apportaient qu'une écoute passive, sans pouvoir vraiment passer à l'action et gérer ma vie. S’il est vrai qu’elles m’ont permis de mieux comprendre certains de mes comportements, elles n’expliquaient pas mon profond désespoir. Ce n’était pas la vie que je refusais mais ce que cela suppose pour moi de la vivre : être dans un ascenseur qui monte et qui descend avec seulement de temps en temps des arrêts au rez-de-chaussée sans jamais pouvoir descendre.
Il y a environ six mois, j’ai vu une émission sur les troubles de l'humeur. Je me suis reconnu dans les descriptions données sur les troubles et cela m'a fait du bien de mettre un nom sur ma maladie : bipolaire - cyclothymique. J'ai alors enfin décidé de consulter un psychiatre pour me soigner.
Depuis, je prends un traitement dont les doses ont été ajustées jusqu’à ce que les symptômes de la dépression s’estompent considérablement. J’ai ressenti les effets des médicaments au bout de quelques semaines. Je me levais le matin sans maudire la journée qui commence, j’arrivais à me concentrer en moyenne trois à quatre heures sur mon travail (auparavant une heure était un exploit) et surtout ressentir cette pulsion qui permet d’aller vers l’avant et mieux encore vers les gens.
J'ai compris que le fait de s'informer et de prendre les choses en main, c'était déjà un grand pas pour commencer à se sentir mieux et se soigner dans les meilleures conditions. Je ne serai jamais guéri de ma bipolarité pour l’unique raison que pour moi je pense que ce c'est plutôt un tempérament comme j’aime à le dire. J’apprends à le gérer de mieux en mieux avec les médicaments et les conseils qui m’ont été donnés, et surtout parce que j'en comprends de mieux en mieux les mécanismes.
En espérant que ces quelques lignes pourront aider certains d'entre vous. "
Christian H.
|